Nadir (30')

Création 2020
 

"Quelque point de l'espace que tu parcoures, ton zénith et ton nadir te rattachent au ciel et à l'axe du monde.
De quelque manière que tu agisses en toi-même, que toujours ta volonté touche au ciel, mais que la direction de l'acte passe par l'axe du monde!"
Friedrich von Schiller 
Être perchés, être à l’ouest, de travers. 
Suspendus par le temps, les pieds ou l’imaginaire.
Défier la verticalité d’une ligne d’acier horizontale.
Déployer ses ailes.
Décider de se poser, de regarder au zénith ou de tourner son regard vers ce point énigmatique sous soi, au travers de la terre, vers un autre ciel.
Marches erratiques et saccadées, arrêts sur image et  jeux de contrepoids, à contre sens, avec comme ligne de vie la confiance.

 

Auteurs: Audrey Bossuyt, Julia Brisset, Léo Schemmel et Marta Lodoli

Interprètes: Audrey Bossuyt ou Julia Brisset, Léo Schemmel et Marta Lodoli

Création sonore: Alessandro Brizio

Construction de la structure funambule: Stéphane Tambeur avec la complicité de Pierre Nouneberg 

Costumes: Heidi Ehrhart

Conseils scénographiques: Thomas Marchal

Regard extérieur: Kenzo Tokuoka

Production et diffusion: Marta Lodoli

Images: Claude Esselen

Dessins: Aline Breucker

 

Avec le soutien de: le CAR, Centre des arts de la rue; 

le Centre Culturel Wolubilis; l'Espace Catastrophe, Centre international de création des arts du cirque; Le Festival de Chassepierre; La Latitude 50, pôle des arts du cirque et de la rue, le Théâtre de la Roseraie et la Ville de Ath.

Coproduction: le CCBW, Centre culturel du Brabant wallon

Avec l'aide de: Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse

 

Nadir est un spectacle pour trois funambules sur une structure-sculpture de grand format qui explore et décline le thème de la verticalité. L’idée est née du mot «nadir» qui désigne en astronomie, en opposition au zénith, le point de la sphère céleste représentatif de la direction verticale descendante.

 

Les auteurs du spectacle ont une conscience aiguë et instinctive du nadir dès qu’ils posent un pied sur un fil. Si le funambule venait à chuter, ce serait au nadir qu'aurait lieu l'impact. Nadir, c'est l'enfer, le fond, la chute. Mais si l’on voit plus loin, le nadir évoque aussi un ciel, celui de l'autre côté de la planète. Pour un observateur en Belgique, le ciel du nadir c'est celui de l’Océanie, où il fait jour quand en Europe il fait nuit. Un ciel tête en bas, fantasme d'autres vies rêvées. Il faut parfois descendre, pour remonter; traverser le centre de la terre pour avoir accès à d’autres étoiles. Nadir est la dualité: le ciel sens dessus-dessous.

 

Ce projet défend le droit de prendre un autre point de vue, de changer les codes, d’envisager le monde autrement. Le propos est traduit par les déplacements des funambules qui évoluent de manière non conventionnelle (verticalité) dans les mâts soutenant la structure, sur et sous le fil.

 

Nadir est un spectacle chorégraphique au visuel épuré. Il va puiser de la matière dans le monde des oiseaux (mouvement/corporalité/marche) et de l’astronomie (trajectoire des planètes, collision, transformation d’énergie). Il rassemble des marches erratiques et saccadées ponctuées d'arrêts sur image, des jeux de contrepoids à contre sens, avec comme ligne de vie la confiance.

Le spectacle est une suite et une évolution de parcours, sans paroles. Il met en rapport deux dimensions, l’une céleste et l’autre terrestre et les fait dialoguer physiquement par l’intermédiaire des funambules. Nadir explore la possibilité d'habiter un espace où les coordonnées sont relatives. Le haut, le bas, le sens, le contresens, l’avant et l’arrière ne sont plus qu’une question de point de vue.

 

L’invisible rêve prend forme et amène les spectateurs dans un univers perché, suspendu dans le temps, qui prend vie au-dessus de leur tête. Le public est transporté dans des projections imaginaires, il expérimente l’envol, tout en prenant conscience de son ancrage au sol, de la terre sous ses pieds.

 

Les funambules dans Nadir sont posés en altitude sur un câble. Avec leur balancier et leur corps, ils créent des formes, des images, ils s'élèvent, redescendent, se retrouvent parfois au point de départ qui n'est pourtant plus pareil. Comme dans la vie, ils cherchent à avancer, à découvrir des nouvelles possibilités. Parfois les trois personnages traversent un obstacle en solitaire, parfois il arrive que le hasard les fasse se retrouver sur la même route. L'espoir de voir le sommet les pousse à monter plus haut ou à redescendre vers le ciel à l'envers, celui de l'autre côté du monde.

 

Le décor est un perchoir géant de 5 m sur 5 m. Pour accentuer la dimension verticale, les mâts se prolongent à 7 mètres et sont dénués de plateforme. Ce parti pris esthétique allège la forme et a aussi pour postulat d’intensifier la présence des funambules, car ces derniers n’ont pas d’espace de repos entre leurs traversées sur le fil et leurs itinérances dans la structure.

La structure est en acier entièrement rouillé avec des traces d’or, témoignages des incursions de la vie. Elle incarne, elle aussi, cette dualité. Les funambules évoluent au milieu de ces jeux de lignes composés par les deux mâts. Ils explorent différentes façons de s’y poser, de s’y imbriquer ou de s’appuyer ; la structure devient un lieu à habiter. Structure, funambules et balanciers transcendent et transforment la ligne horizontale habituelle du fil.

 

Le poème de Friedrich von Schiller a largement inspiré l’univers de ce nouvel opus.

Les funambules dans Nadir osent dépasser la peur, appellent au risque, à la découverte de nouveaux points de vue, de chemins non usuels. Ils transforment l'espace qui les entoure en le parcourant à l'envers, en le contournant.

Mais au même temps, ils restent présents et conscients. Ils gardent des points d'appuis sûrs, perchés peut-être, mais très certainement présents. Il faut de l'ancrage pour décoller, ce qui est aussi la base de l'équilibre du funambule : les pieds poussent sur le câble, le poids du corps s'y enfonce, le barycentre doit rester bas, mais le haut du corps s'élance vers le haut.

 

Les êtres humains ont toujours voulu toucher le soleil, mais ils sont aussi habités par la peur de se brûler les ailes. Ils aimeraient découvrir d'autres mondes, mais se sentent perdus hors de leurs abris. Les funambules invitent le public à croire qu’il est possible d'oser, de tenter, tout en restant bien ancrés. Voici la dualité qui rend l'être humain complexe, toujours en balance entre équilibre et déséquilibre, entre recherche de sécurité et besoin d'aventures.

 

Le cirque donne des envies de liberté et d’envol, il transmet la confiance que l'être humain a le pouvoir de réaliser l’inimaginable, ne fût-ce que le temps d'un spectacle.

 

Qu'est-ce que le cirque sinon le rêve d’apprivoiser le risque ?

En voir plus
Agenda des résidences de création
CAR, Le Centre des Arts de la Rue (Ath) du 23 au 27 janvier 2019
 
ESPACE CATASTROPHE, Centre International de Création des Arts du Cirque (Bruxelles). Studios: 8 /02, 25/02, 1/03, 11/03, 15/03, 18/03, 22/03, 25/03, 29/03
CCBW, Centre culturel du Brabant wallon
(Parc à Mitrailles, Court-Saint-Etienne) du 5 au 7 et du 13 au 17 avril 2019
THEATRE DE LA ROSERAIE(Bruxelles) du 31 mai au 10 juin 2019
CENTRE CULTUREL WOLUBILIS (Bruxelles)du 12 au 18 août 2019
CCBW, Centre culturel du Brabant wallon (Parc à Mitrailles, Court-Saint-Etienne)du 5 au 9 septembre 2019
LATITUDE 50, Pôle Arts du Cirque et de la Rue (Marchin) du 7 au 13 octobre 2019
CCBW, Centre culturel du Brabant wallon (Parc à Mitrailles, Court-Saint-Etienne)du 18 au 24 novembre 2019
CENTRE COMMUNAUTAIRE JOLI BOIS en collaboration avec le Centre culturel Wolubilis
(Bruxelles) du 1 au 13 février 2020
CHASSEPIERRE
(FLorenville) du 1 au 10 avril 2020
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now